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Le marché des gaz industriels en Afrique centrale se recompose
Marché et industrie

Le marché des gaz industriels en Afrique centrale se recompose

Le marché des gaz industriels en Afrique centrale se recompose — illustration Astragas

Le marché africain des gaz industriels et médicaux a connu, ces deux dernières années, la recomposition capitalistique la plus visible de son histoire récente. Elle mérite d’être regardée pour ce qu’elle dit du continent, plutôt que pour ce qu’elle dit de tel ou tel acteur.

Ce qui s’est passé

Le 14 mars 2024, Air Liquide, l’un des leaders mondiaux des gaz industriels et médicaux, annonce la signature d’un accord avec Adenia Partners, société de capital-investissement centrée sur l’Afrique, portant sur la cession de douze de ses filiales en Afrique de l’Ouest, en Afrique centrale et dans l’océan Indien.

Les pays concernés sont le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Ghana, Madagascar, le Mali, la République démocratique du Congo, le Sénégal et le Togo.

L’opération est finalisée le 22 juillet 2024, après obtention des autorisations réglementaires. Les douze filiales sont regroupées dans un nouveau groupe, Erium, qui remplace la marque Air Liquide dans ces douze pays. Adenia Partners annonce un investissement de 30 millions d’euros sur cinq ans pour renforcer les capacités de production et de stockage, et un contrat de fourniture de long terme est signé avec Air Liquide pour assurer la continuité des approvisionnements en gaz industriels et de spécialité.

Selon les communiqués de l’opération, l’ensemble représentait un chiffre d’affaires d’environ 60 millions d’euros et moins de 10 % du chiffre d’affaires africain d’Air Liquide, qui indique rester un acteur du marché africain sur d’autres segments.

Ce que cela signifie

Trois lectures se dégagent, et aucune ne relève de la polémique concurrentielle.

Le capital du secteur s’africanise. Un groupe continental de gaz industriels et médicaux, détenu par un investisseur africain, n’existait pas sous cette forme il y a trois ans. C’est un signal de maturité du marché.

La demande est jugée solide. On ne mobilise pas 30 millions d’euros d’investissement sur des capacités de production dans douze pays si l’on anticipe une stagnation. Les moteurs identifiés dans les communiqués sont le développement des infrastructures, la croissance des activités industrielles et les industries de valorisation des ressources naturelles.

La production locale devient la norme. L’ancienne filiale camerounaise disposait déjà, avant l’opération, d’un site de production dans la zone industrielle de Bassa à Douala, comprenant des réservoirs de stockage d’oxygène et d’azote sous forme liquide, une unité de production d’acétylène et des centres de conditionnement de dioxyde de carbone et d’argon. Le modèle du continent n’est plus l’importation de bouteilles remplies ailleurs.

Où se situe Astragas dans ce mouvement ?

Notre trajectoire est parallèle à ce mouvement, et elle l’a précédé.

L’entreprise a été créée en 2015 à Douala sous le nom de MoleculesGas Cameroun. À cette époque, son activité reposait sur le négoce : des gaz industriels et médicaux embouteillés par des fournisseurs à l’international, puis commercialisés sur le territoire camerounais. En 2017, après la volonté de son PDG d’ouvrir une première usine de production, l’entreprise devient une société dont le capital social est détenu majoritairement par des Camerounais.

La suite s’est construite malgré un retard de trois années lié à la crise du COVID-19 : réception de la première unité de conditionnement de CO₂ en 2023, puis, depuis 2024, mise en service des unités de production d’azote liquide et d’oxygène liquide — Astragas est la première société camerounaise à en disposer — ainsi que d’une unité de production d’acétylène.

Ce que ça change pour un acheteur

Pour une brasserie, un hôpital, une entreprise de soudure ou un laboratoire, la recomposition du capital n’est pas ce qui compte. Ce qui compte est plus terre-à-terre : où le produit est fabriqué, à quelle distance, avec quel délai, et avec quelle capacité de réaction en cas de besoin urgent.

C’est sur ce terrain, et pas sur celui des annonces, que se jugent les fournisseurs de gaz.

Sources

  • Adenia Partners, « Erium, nouveau groupe panafricain leader des gaz industriels et médicaux », communiqué du 22 juillet 2024.
  • Agence Ecofin, « Adenia Partners finalise le rachat de 12 filiales africaines d’Air Liquide », 24 juillet 2024.
  • Investir au Cameroun, « Le Français Air Liquide annonce la cession de ses actifs au Cameroun », 15 mars 2024.
  • Astragas, page « Notre histoire ».

Production locale à Douala

Astragas développe ses activités de production et de conditionnement de gaz industriels à Douala, afin d’accompagner les besoins des entreprises locales.

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