Dans cet article
Transporter un vaccin, un échantillon biologique ou un produit surgelé sur plusieurs heures de route suppose de maintenir une température sans alimentation électrique. C’est exactement le problème que résout la glace carbonique.
Ce qu’est la glace carbonique
La glace carbonique — aussi appelée carboglace, neige carbonique ou glace sèche — est du dioxyde de carbone à l’état solide. Elle est issue de la solidification du CO₂ liquide : on obtient d’abord de la neige carbonique, ensuite comprimée pour former de la glace carbonique.
Son point de fusion se situe à –78,5 °C.
La propriété qui fait tout : la sublimation
La glace carbonique se sublime : elle passe directement de l’état solide à l’état gazeux, sans phase liquide intermédiaire.
Cette propriété a une conséquence pratique décisive. Contrairement à la glace d’eau, elle ne laisse aucun résidu liquide : pas d’eau au fond du colis, pas de carton détrempé, pas de contamination des emballages, pas de produit en contact avec un liquide. Dans le transport pharmaceutique et alimentaire, c’est ce qui la rend irremplaçable.
Les formes disponibles
Notre fiche produit liste cinq présentations, et le choix se fait sur la surface d’échange et la durée d’autonomie recherchée :
- granulés, de la taille d’un grain de riz, environ 3 mm de diamètre ;
- blocs ;
La règle générale est simple : plus le grain est fin, plus la surface d’échange est grande, plus le refroidissement est rapide — et plus la sublimation est rapide aussi, donc l’autonomie courte. Les granulés conviennent au refroidissement rapide et au nettoyage cryogénique ; les blocs et les pains conviennent aux longues durées.
Les usages
Le transport sous température dirigée. Notre fiche produit le liste pour le domaine médical — produits pharmaceutiques, échantillons — et pour le domaine industriel, avec les produits surgelés et le catering aérien.
Le nettoyage et le décapage cryogénique. Des granulés projetés sur une surface décollent les dépôts par choc thermique et mécanique, et se subliment sans laisser de résidu à évacuer. C’est un procédé de nettoyage sans solvant.
La vinification. Le CO₂ solide ralentit la fermentation et évite l’oxydation.
L’événementiel. Production de brouillard et effets spéciaux, cinéma.
Les précautions, en deux points
Les brûlures par le froid. À –78,5 °C, tout contact avec la peau ou les yeux provoque des brûlures et des gelures. Sa fiche de données de sécurité décrit le produit comme un gaz solidifié réfrigéré dont le contact peut causer ces lésions. Gants adaptés et protection oculaire ne sont pas optionnels.
L’asphyxie par déplacement de l’oxygène. En se sublimant, la glace carbonique produit un volume de gaz très supérieur à son volume solide. Le CO₂ a une densité relative de 1,52 : plus lourd que l’air, il s’accumule dans les points bas et les espaces confinés.
Deux conséquences directes : ne jamais transporter de la glace carbonique dans l’habitacle d’un véhicule — la fiche de sécurité recommande d’éviter le transport dans des véhicules dont le compartiment de chargement n’est pas séparé de la cabine — et ne jamais la stocker dans un contenant hermétique, qui monterait en pression jusqu’à la rupture.
Les locaux de stockage et les véhicules doivent être ventilés.
Dimensionner sa commande
La glace carbonique se consomme même quand on ne l’utilise pas : elle se sublime en continu. Une commande se dimensionne donc sur trois paramètres — la durée du transport ou du stockage, la qualité de l’isolation du contenant, et la température ambiante, qui n’est pas neutre sous climat camerounais.
C’est une conversation à avoir avec son fournisseur au moment du premier achat, puis à ajuster sur la base de la consommation réelle constatée. Un dimensionnement fait une fois pour toutes, sur une hypothèse théorique, coûte cher dans un sens ou dans l’autre.
Sources
- Fiche produit Glace carbonique et fiche de données de sécurité Dioxyde de carbone solide, Astragas (sections 1, 2, 9 et 14).
Glace carbonique
Granulés, bâtonnets, plaquettes, blocs et pains, produits à Douala.