›
Dix ans de production locale : du négoce à l’usine
Vie de l'entreprise

Dix ans de production locale : du négoce à l’usine

Dix ans de production locale, du négoce à l’usine — illustration Astragas

Il y a deux façons de raconter une entreprise industrielle : par ses intentions, ou par ses machines. La seconde est plus courte et plus honnête.

2015 — La création, et le négoce

L’entreprise est créée en 2015 à Douala sous le nom de MoleculesGas Cameroun. À l’époque, elle fait partie d’un groupe qui ambitionne de s’implanter dans six autres pays d’Afrique.

Son activité repose alors sur le négoce : certains gaz industriels et médicaux sont embouteillés par des fournisseurs à l’international, puis importés en vue d’une commercialisation sur le territoire camerounais.

C’est un métier réel, mais c’est un métier de distribution. La valeur ajoutée industrielle se crée ailleurs, et les délais dépendent d’une chaîne que l’entreprise ne maîtrise pas.

2017 — La décision, et le changement d’actionnariat

En 2017, la volonté de notre Président Directeur Général d’ouvrir une première usine de production marque le tournant. L’entreprise devient une société dont le capital social est détenu à majorité par des Camerounais.

Ces deux faits sont liés. Passer de l’importation à la production, c’est immobiliser du capital sur le territoire, sur du long terme.

2020-2022 — Le retard

La crise du COVID-19 a coûté trois années au projet.

Ce retard mérite d’être mentionné plutôt que gommé. Il rappelle que les projets industriels en Afrique centrale se construisent dans un environnement qui ne pardonne pas les hypothèses optimistes, et que la seule réponse est la persistance.

2023 — La première unité

En 2023, l’entreprise réceptionne sa première unité de conditionnement de CO₂. L’effectif est de 16 personnes au 31 décembre 2023.

C’est le premier maillon industriel réel : à partir de cette date, l’entreprise ne fait plus seulement circuler des bouteilles, elle transforme.

2024 — L’azote et l’oxygène liquides

Depuis 2024, Astragas est la première société camerounaise à disposer d’une unité de production d’azote liquide ainsi que d’oxygène liquide.

S’y ajoutent deux éléments décisifs :

  • une installation de regazéification, qui permet aux gaz de passer de leur état liquide à leur état gazeux selon les besoins des clients. C’est ce qui permet d’adapter la forme livrée à l’équipement réellement en place chez un client, plutôt que d’imposer un format ;
  • une unité de production d’acétylène, également réceptionnée.

Aujourd’hui

L’entreprise a pris le nom d’Astragas. Elle produit et commercialise de l’oxygène liquide et gazeux, de l’azote liquide et gazeux, de l’argon, du CO₂ liquide, gazeux et solide, de l’acétylène, de l’hélium et de l’ammoniac.

Les installations se trouvent dans la zone industrielle de Kendeck – Missole, à Douala.

Le comité de direction réunit Abdel-Kader DIEYE, Président Directeur Général ; Ismaël DIEYE, Directeur Général Adjoint ; René SAWA, Directeur Supply Chain ; Ousmane DIATTA, Directeur QSHE ; et Davy BIBOUM, Directeur Commercial.

Ce que dix ans ont appris

Trois choses, qui structurent la manière dont l’entreprise travaille aujourd’hui.

La proximité est un produit. Un gaz produit à Douala et un gaz produit à 6 000 kilomètres sont chimiquement identiques. Ils ne sont pas commercialement équivalents, parce que le délai, le coût logistique et la capacité de réaction ne le sont pas.

Les compétences se construisent en produisant. La cryogénie, la maintenance d’installations sous pression, la logistique de matières dangereuses sont des métiers rares localement. Ils ne s’importent pas : ils s’apprennent en exerçant.

Un projet industriel se juge sur sa durée. Entre la décision de 2017 et les unités de 2024, il s’est passé sept ans, dont trois de crise sanitaire. C’est le rythme réel de ce métier.

La suite

L’ambition d’origine — s’implanter dans plusieurs pays d’Afrique — n’a pas changé de nature, elle a changé de base : elle part désormais d’un outil de production, pas d’un contrat de distribution.

Sources

  • Astragas, pages « Notre histoire », « Notre équipe » et fiches produits.

Huit gaz produits et conditionnés à Douala

Zone industrielle de Kendeck – Missole.

À lire ensuite

Santé publique

Oxygène médical : ce que dit le rapport de la Commission Lancet

Gaz et laboratoires : analyse, conservation, détection de fuites — illustration Astragas
Applications

Gaz et laboratoires : analyse, conservation, détection de fuites

Pourquoi l’acétylène ne se conditionne pas comme les autres gaz — illustration Astragas
Sécurité et réglementation

Pourquoi l’acétylène ne se conditionne pas comme les autres gaz