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Oxygène médical : ce que dit le rapport de la Commission Lancet
Santé publique

Oxygène médical : ce que dit le rapport de la Commission Lancet

Le 17 février 2025, The Lancet Global Health a publié le rapport de sa Commission sur la sécurité de l’oxygène médical. C’est le premier travail à chiffrer, à l’échelle mondiale, l’écart entre les besoins en oxygène médical et ce qui est réellement délivré aux patients. Ses conclusions méritent d’être lues attentivement en Afrique centrale.

Un médicament essentiel, sans substitut

L’oxygène médical n’est pas un consommable parmi d’autres. C’est un médicament pour lequel il n’existe aucun traitement de substitution : en réanimation, au bloc opératoire, en néonatologie, en pneumologie, rien ne le remplace. La Commission rappelle qu’environ 374 millions de personnes en ont besoin chaque année dans le monde, et que 82 % d’entre elles vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.

Le chiffre qui résume tout : 70 % de déficit

Le constat central du rapport est brutal. Plus de cinq milliards de personnes, soit plus de 60 % de la population mondiale, n’ont pas accès à des services d’oxygène médical sûrs, de qualité et abordables.

Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, seuls 89 millions des 299 millions de patients qui auraient besoin d’oxygène pour une pathologie médicale aiguë ou une intervention chirurgicale reçoivent une oxygénothérapie adéquate. Le déficit de couverture atteint donc 70 %.

Pour mesurer ce que ce chiffre signifie, la Commission le compare à d’autres priorités sanitaires mondiales : le déficit de couverture est de 23 % pour les traitements du VIH et de 25 % pour ceux de la tuberculose. L’oxygène, pourtant plus élémentaire, est deux à trois fois plus mal couvert. Et le rapport précise que l’accès le plus faible au monde se situe en Afrique subsaharienne.

Pourquoi cet écart persiste

Le rapport identifie une cause structurelle plutôt qu’un manque de volonté : l’oxygène médical a longtemps été traité comme une marchandise, alors qu’il relève d’un service public exigeant des investissements coordonnés en production, en distribution, en réglementation et en financement.

Autrement dit, disposer d’un concentrateur ou d’une bouteille ne suffit pas. Il faut une chaîne complète — production, conditionnement, transport, stockage sur site, maintenance des installations, personnel formé — et cette chaîne casse au maillon le plus faible. Une bouteille pleine à 300 kilomètres d’un service de réanimation ne soigne personne.

Ce que la pandémie a révélé, et laissé

La Commission rappelle qu’en 2021, 52 millions de patients supplémentaires ont eu besoin de 1,9 milliard de mètres cubes normaux d’oxygène pour traiter le COVID-19. La crise a rendu visible une pénurie qui préexistait, et a déclenché des investissements. Le rapport souligne cependant que d’importantes lacunes demeurent malgré ces investissements : la vague d’équipements installés en urgence n’a pas suffi à construire des systèmes durables.

Ce que cela veut dire pour un producteur africain

Ce rapport n’est pas seulement un document de santé publique. Il décrit un besoin industriel non couvert sur le continent où nous produisons.

Produire de l’oxygène médical localement, c’est raccourcir la chaîne : moins de transport, moins de rupture de charge, moins de délai entre la commande d’un établissement et la livraison effective. Depuis 2024, Astragas dispose d’une unité de production d’oxygène liquide à Douala et d’une installation permettant de faire passer les gaz de l’état liquide à l’état gazeux selon les besoins de ses clients. C’est exactement le type de maillon local que la Commission appelle à renforcer.

La suite de ce dossier, publiée séparément, s’intéresse au coût de cet effort et à ce qu’il rapporte.

Sources

  • Graham HR, King C, Rahman AE, et al. « Reducing global inequities in medical oxygen access: the Lancet Global Health Commission on medical oxygen security », The Lancet Global Health, publié le 17 février 2025. DOI : 10.1016/S2214-109X(24)00496-0.
  • Données Astragas : page « Notre histoire », astra-gas.cm.

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Astragas produit de l’oxygène liquide et gazeux à Douala.

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